
J'accompagne celles et ceux qui traversent cette même tempête.
Pas en tant que coach, pas en tant que psy.
Mais comme quelqu'un qui comprend, parce qu'elle est passée par là.
Dans le premier volet de cette série, je partageais une réflexion qui, au fil des années, s’est imposée à moi : la vie ne se réduit jamais à une cause unique, à une seule explication, ni à une pièce de puzzle isolée. Pourtant, face à une épreuve difficile, notre premier réflexe est souvent de chercher une réponse simple :
Pourquoi suis-je épuisée ?
Pourquoi ai-je mal ?
Pourquoi ai-je changé ?
Pourquoi ne me reconnais-je plus ?
Après mon burn-out, j’ai moi-même cherché cette réponse. J’avais besoin de comprendre ce qui m’arrivait. J’avais besoin de mettre des mots sur ce que je vivais. J’avais besoin d’une explication qui donnerait un sens à ce bouleversement. Puis d’autres pièces sont apparues :
La ménopause.
Les douleurs chroniques.
La fatigue persistante.
Les troubles du sommeil.
Et plus récemment, l’hypothèse d’une fibromyalgie.
Chaque nouvelle pièce semblait apporter sa propre explication. Pourtant, plus le temps passait, plus une question revenait : et si aucune de ces pièces, prise séparément, ne racontait toute l’histoire ?
Face à une difficulté, notre premier réflexe est souvent de vouloir identifier la raison principale, celle qui pourrait tout expliquer d’un coup. C’est rassurant, d’une certaine manière. Cela nous donne l’impression de reprendre les rênes, de mettre de l’ordre dans ce qui nous semble confus.
On se dit que :
si on se sent épuisé(e), c’est à cause du burn-out ;
si on mal un peu partout, c’est que ca doit être la fibromyalgie ;
si nos émotions sont en montagnes russes, c’est que c'est sans doute la ménopause vue notre âge ;
si on se sens vide ou découragé(e), ca ne peut être qu'une dépression ;
et si... et si....
Trouver un nom, un cadre, une explication, c’est une façon de reprendre le contrôle sur ce qui nous échappe. Et il faut le reconnaître, parfois, cette explication est essentielle. Les diagnostics médicaux ont toute leur importance. Les événements marquants de notre vie aussi.
Mais avec le temps, j’ai ressenti une certaine lassitude face à cette quête incessante d’une cause unique. Comme si la vie devait impérativement se réduire à une seule case à cocher. Comme si une seule pièce de puzzle pouvait, à elle seule, révéler l’image complète.
Or, plus j’avance sur mon propre chemin, plus je prends conscience que la réalité est bien plus nuancée. Les événements ne vivent pas en vase clos. Ils se rencontrent, s’influencent, se mêlent les uns aux autres. Ils tissent ensemble une histoire bien plus riche et plus complexe que ce que l’on perçoit au premier regard.

Pendant très longtemps, j’ai eu tendance à envisager chaque événement de ma vie comme une histoire à part entière, sans lien avec les autres :
Le burn-out, je le rangeais dans une case bien spécifique.
Les douleurs physiques, je les mettais dans une autre.
Les bouleversements liés à la ménopause, encore une autre.
Chaque pièce me paraissait avoir sa propre origine, sa propre explication, son propre chemin à suivre.
Quand le burn-out a frappé, comme beaucoup de gens, j’ai naturellement cherché à en comprendre la cause. Était-ce mon travail ? Mon engagement professionnel, peut-être trop intense ? Les responsabilités qui s’étaient accumulées au fil des années sans que je m’en rende compte ? Ou encore les épreuves personnelles que je traversais en parallèle, silencieusement ?
Puis, au fil des mois, d’autres pièces ont commencé à se révéler.
Des douleurs diffuses, difficiles à localiser, que je ne parvenais pas vraiment à expliquer. Une fatigue persistante, tenace, qui ne cédait pas malgré des heures de repos. Des changements physiques et émotionnels que je ne pouvais plus ignorer, aussi discrets qu’insistants. Peu à peu, des mots comme ménopause et fibromyalgie ont fait leur apparition dans mes réflexions, presque timidement.
Au début, j’ai essayé de les garder séparés. Comme si chacune de ces difficultés devait forcément avoir sa propre explication, indépendante des autres, sans interférence.
Mais plus le temps passe, plus je me demande si cette façon de voir les choses n’est pas trop simpliste, trop linéaire.
Et si ces différentes pièces n’étaient pas aussi isolées que je le croyais ?
Et si elles faisaient en réalité partie d’un même ensemble, d’une histoire plus vaste, qui se tisse depuis bien plus longtemps que je ne l’avais imaginé ?
Avec le recul, je réalise que certaines manifestations étaient peut-être déjà présentes bien avant.
Depuis un certain temps, il m'arrivait de ressentir une petite gêne au niveau d’une cheville, surtout quand je marchais d’un pas vif ou au tout début de l’effort, avant que mon corps n’ait vraiment eu le temps de se mettre en route. Une fois lancé, cette sensation s’estompait d’elle-même, et franchement, je n’y prêtais pas vraiment attention sur le moment.
Puis il y a eu cette longue balade dans les rues de Paris, en 2021. Les douleurs ont commencé à s’intensifier, les tendinites sont apparues aux deux chevilles, et contrairement à ce que j’avais imaginé, elles ne sont jamais vraiment reparties. Pas complètement, en tout cas. C’est là que les questions ont commencé à germer.
Parce que ce que je prenais au départ pour une simple conséquence d’un effort un peu trop soutenu ne suffisait plus à expliquer ce que je ressentais, plusieurs années plus tard :
Pourquoi ces douleurs persistaient-elles encore ?
Pourquoi étaient-elles présentes dès le matin, avant même que j’aie posé le pied par terre ou fait le moindre mouvement ?
Et pourquoi cette impression de raideur au réveil, comme si mon corps avait besoin de remettre chaque articulation en place, à la manière d’un robot qu’on actionne après une longue pause ?
En y repensant aujourd'hui, je réalise que d'autres manifestations étaient peut-être déjà présentes bien avant mon burn-out.
Je me souviens notamment d'une hypersensibilité au niveau des jambes qui est apparue presque du jour au lendemain. Une simple pression ou un simple contact pouvait devenir douloureux. Comme si la peau était devenue extrêmement sensible.
Pendant longtemps, je me suis demandée d'où cela pouvait venir. Était-ce un problème de circulation ? Une particularité de mon corps ? Je n'en sais toujours rien aujourd'hui.
Puis il y a eu cet épisode qui reste encore une énigme dans mon parcours.
Lors de vacances en Moselle, quelques années avant mon burn-out, j'ai ressenti une faiblesse inhabituelle dans les jambes. Une sensation difficile à décrire, comme si mes genoux ne parvenaient plus à me porter correctement.
Monter les escaliers devenait un effort considérable. Lors d'une visite dans un parc animalier, j'avais l'impression de me traîner toute la journée, incapable de suivre le rythme habituel. Cette sensation était suffisamment inhabituelle pour que j'en parle à mon médecin à mon retour.
Des examens ont été réalisés : radios, échographies, explorations diverses. Pourtant, rien ne semblait expliquer clairement ce que j'avais ressenti.
Certaines de ces manifestations ont trouvé des pistes d'explication. D'autres restent encore entourées de zones d'ombre. Mais avec le recul, ce qui me frappe le plus n'est pas tant l'absence de certitudes que l'accumulation de ces différentes pièces au fil des années.
Longtemps, j'ai regardé chacune d'elles séparément. Une douleur ici. Une fatigue là. Un symptôme isolé, un événement ponctuel. Pourtant, plus j'avance sur mon chemin, plus je réalise qu'il est parfois réducteur de vouloir tout expliquer par une seule cause.
Je ne sais pas encore comment toutes ces pièces s'articulent entre elles. Peut-être que certaines sont liées. Peut-être que d'autres ne le sont pas. Mais une chose est certaine : la réalité est souvent bien plus complexe que les explications toutes faites que nous aimerions trouver.
Et c'est précisément cette réflexion qui m'a amenée à regarder mon histoire autrement : non plus comme une succession d'événements indépendants, mais comme un puzzle dont je n'aperçois encore qu'une partie de l'image.
Dans la prochaine partie, nous nous intéresserons à une autre pièce essentielle du puzzle: ces moments où le corps semble vouloir nous dire quelque chose que nous ne sommes pas encore prêts à entendre.
📖 "Je ne serai plus jamais la même... Et c'est tant mieux".
Un témoignage sincère sur les épreuves qui nous transforment, les questions qui nous bouleversent et les chemins que nous empruntons pour retrouver du sens.
À travers mon parcours, je partage les pièces de mon propre puzzle : celles que j'ai comprises, celles qui sont restées longtemps invisibles et celles qui continuent encore aujourd'hui à m'interroger.
Si cette réflexion résonne en toi, peut-être trouveras-tu dans ce livre un écho à ta propre histoire.
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Séverine
Après 20 ans dans le social, médico-social, insertion... et un burn-out en 2024, j'accompagne aujourd'hui celles et ceux qui veulent se reconstruire et retrouver du sens. À travers Sève et Sens, je partage mes outils, mon vécu et ma bienveillance. 🌿
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