
J'accompagne celles et ceux qui traversent cette même tempête.
Pas en tant que coach, pas en tant que psy.
Mais comme quelqu'un qui comprend, parce qu'elle est passée par là.
Quand ta zone connue t'emprisonne plus qu'elle ne te protège
Quatorze ans. Quatorze ans à exercer le même métier, dans le même secteur. Pas par passion intacte, ni par confort, mais par une raison bien plus sournoise : parce que c’était connu. C’était mon territoire, mon identité. Je me répétais souvent, le soir en rentrant, qu’il fallait que je pense à autre chose. Que la lassitude grandissait, que quelque chose grinçait à l’intérieur. Mais l’idée même de partir me semblait absurde. Faire quoi, d’ailleurs ? Je ne savais qu’être éducatrice. Du moins, c’est ce que je me racontais.
Alors je suis restée. Bloquée dans ce que j’appelais ma « zone connue » – un espace qui avait perdu toute douceur, mais dont je ne parvenais pas à m’échapper.
Ma zone connue, c’était un métier que j’avais aimé, un engagement qui me définissait, mais aussi un système qui, peu à peu, m’a étouffée. Éducatrice spécialisée dans le handicap, j’ai donné beaucoup, j’ai reçu énormément. Certaines rencontres m’ont marquée à vie. Pourtant, année après année, un décalage grandissant s’est installé entre mes valeurs et la réalité du terrain. Les procédures, les normes, une logique administrative kafkaïenne prenaient le pas sur l’humain.
Je me souviens de ce jour où un résident, en plein état de crise, avait besoin de sortir, de respirer, tout de suite. La procédure exigeait un formulaire validé par trois responsables. Résultat ? L’autorisation arrivait deux jours plus tard. Deux jours… quand l’urgence, elle, était immédiate, palpable, dans les yeux de cet homme.
Autre souvenir : ces ateliers créatifs où les résidents peignaient, dessinaient, s’exprimaient. Leurs œuvres, fières et colorées, devaient rester dans des classeurs. « Interdit d’accrocher au mur... Pour quel motif ? "Le papier, ça brûle. » La sécurité avant tout, même si cela signifait invisibiliser leur fierté, étouffer leur trace. On avait embauché des éducateurs parce que la loi l’exigeait, mais sur le terrain, le soin médical primait. L’éducatif ? Une variable d’ajustement.
Les signes se sont accumulés : maux de tête opiniâtres, une irritabilité qui s’installait, une fatigue qui ne ressemblait plus à de la simple lassitude. Je savais que je n’allais pas bien. Pourtant, je tenais bon. Par attachement à ce métier. Par peur de l’inconnu. Parce que me projeter ailleurs semblait un saut dans le vide.
Ce n’était plus une zone de confort. C’était une zone de survie. Connue, oui.
Rassurante ? De moins en moins.
Le jour où ma zone connue s'est effondrée
Et puis il y a eu cette expérience. Cette période d'essai de deux mois où on m'a convoquée au bureau alors que j'étais en plein accompagnement avec un enfant.
"L'équipe n'a plus confiance en toi."
On m'a demandé de prendre mes affaires et de rentrer chez moi. Sur le champ. Ne plus revenir. Je n'ai jamais pu dire au revoir à cet enfant que j'accompagnais.
J'étais anéantie. Ces mots m'ont fait énormément de mal. Mais ils m'ont aussi poussée à prendre une décision : tenter une dernière fois dans ce métier. Ça passe ou ça casse. Mais dans un autre secteur.

Sortir de sa zone connue : le saut dans le vide
J'ai quitté le secteur du handicap pour aller vers le secteur social. Même métier, mais univers totalement différent. Tout à réapprendre. Pas d'expérience. Une pression supplémentaire pour prouver ma valeur. Je me suis mise en danger. C'était épuisant.
Mais c'était aussi formateur et épanouissant.
J'ai vécu des choses incroyables. J'étais libre dans ma façon de travailler, dans ma prise de rendez-vous. J'ai accompagné des personnes bénéficiaires de la protection internationale. J'ai vécu des expériences riches humainement. Même si, au final, ce que je pensais être enfin ce que j'avais toujours recherché... ne l'était peut-être pas.
Ce que le burn-out m'a appris
C'est après mon burn-out que j'ai vraiment compris. J'ai fait un travail profond sur moi-même. Pour comprendre qui j'étais réellement. Ce dont j'avais vraiment besoin. Quels étaient mes freins, mes barrières mentales, mes croyances limitantes ?
Et j'ai réalisé une chose essentielle : ce travail-là, j'aurais dû le faire avant. Avant de m'épuiser. Avant de m'effondrer. Avant de chercher à l'extérieur ce que je n'avais pas encore trouvé à l'intérieur.

Et toi, es-tu coincé(e) dans ta zone connue ?
Pose-toi ces questions :
→ Est-ce que tu restes dans ta situation actuelle parce qu'elle te convient vraiment, ou parce que tu ne vois pas d'alternative ?
→ Est-ce que tu te dis "je ne sais rien faire d'autre" ?
→ Est-ce que tu ressens des signaux (fatigue, irritabilité, perte de sens) mais tu continues quand même ?
→ Est-ce que tu attends que ça devienne insupportable pour bouger ?
Si tu te reconnais, voici ce que j'aurais aimé qu'on me dise :
Ose aller vers l'inconnu. Même si ça fait peur. Même si c'est épuisant. Parce que c'est aussi formateur et épanouissant.
Mais surtout : fais le travail sur toi en amont. Identifie tes freins, tes barrières, ce qui te bloque vraiment. Ne pas attendre le burn-out pour te poser les bonnes questions. Tu mérites de trouver un équilibre pro et perso. Un métier dans lequel tu t'épanouiras réellement.
Tu sens que tu tournes en rond sans oser bouger ?
Le travail sur soi, c'est exactement ce que t'accompagne à faire le Programme Transformation : identifier tes freins, clarifier qui tu es vraiment, et oser construire la vie qui te correspond.
Tu veux d'abord qu'on en parle ensemble ?



Séverine
Après 20 ans dans le social, médico-social, insertion... et un burn-out en 2024, j'accompagne aujourd'hui celles et ceux qui veulent se reconstruire et retrouver du sens. À travers Sève et Sens, je partage mes outils, mon vécu et ma bienveillance. 🌿
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