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J'accompagne celles et ceux qui traversent cette même tempête.

Pas en tant que coach, pas en tant que psy.

Mais comme quelqu'un qui comprend, parce qu'elle est passée par là.

Prise en étau : quand les attentes de tous m'ont épuisée

Prise en étau

Hiérarchie d'un côté. Personnes accompagnées de l'autre. Proches à la maison. Et moi au milieu.

Pendant des années, j'ai été prise en étau entre des attentes contradictoires. Celles de la direction qui voulait des résultats rapides. Celles du terrain qui demandaient du temps et de l'humain. Celles de ma famille qui attendait que je sois présente. Et les miennes, toujours trop hautes.

Impossible de satisfaire tout le monde. Mais j'ai essayé quand même. Jusqu'à l'épuisement.

Les attentes de la hiérarchie vs la réalité du terrain

Dans mon travail d'éducatrice spécialisée, j'ai souvent fait face à un grand écart. D'un côté, les attentes de la direction. De l'autre, la réalité du terrain.

On me demandait de stopper mes accompagnements pour m'enfermer dans mon bureau et finir mes écrits. Prioritaires pour la direction. Pas pour moi et encore moins pour les personnes que j'accompagnais.

La hiérarchie voulait des résultats rapides. Des statistiques d'entrée et de sortie qui tournent. Des suivis qui se clôturent vite.

Mais sur le terrain, l'accompagnement humain ne se met pas en équation. Le temps réellement passé auprès des personnes pour arriver à un résultat, personne ne le voyait.

Ce n'était pas quantifiable. Donc ça n'existait pas.

Ce que je faisais en plus, dans l'ombre

J'ai toujours eu à cœur de faire mon travail au mieux :

  • Rendre des écrits de qualité — ce qui me demandait beaucoup plus de temps que ce qui était prévu.

  • Aller au bout des situations difficiles, même quand elles n'étaient pas simples à régler. Pour le bien des personnes accompagnées.

Et Dieu sait qu'elles se mettaient souvent dans des situations compliquées, critiques... Des situations qui demandaient du temps, de l'énergie, de la persévérance. Mais tout ça restait invisible. Ce qu'on voyait, c'était le résultat. Pas le chemin pour y arriver.

Les attentes des personnes accompagnées

Et puis il y avait les attentes de ceux que j'accompagnais. Quand je leur disais que je ne pouvais pas les recevoir aujourd'hui parce que j'avais déjà plein de rendez-vous, je me faisais parfois insulter. "Il n'y en a que pour les autres." "T'es jamais là quand j'ai besoin." Ces mots faisaient mal. Parce que je faisais de mon mieux. Parce que j'étais là, justement. Mais jamais assez, apparemment.

Il y avait aussi ceux qui avaient l'art de se mettre dans des situations compliquées sans m'en informer. Qui me l'annonçaient tardivement, une fois que les huissiers étaient déjà derrière eux. Des situations qui prenaient du temps à être réglées. Et ça n'allait jamais assez vite pour eux.

Sans parler de ceux qui me rendaient responsable de ce qui leur arrivait. "De toute façon, t'en as rien à foutre de nous. Tout ce qui t'intéresse c'est te faire de l'argent sur notre dos."

Alors que je n'étais pas payée des mille et des cent. Que je faisais ce métier par passion, par conviction.

Ces attentes-là aussi, elles pesaient. Lourdes. Invisibles. Jamais reconnues. Des attentes qui n'étaient jamais en adéquation avec les demandes institutionnelles. Coincée entre les exigences de la hiérarchie et les besoins du terrain. À essayer de satisfaire tout le monde. Mission impossible.

La charge émotionnelle qu'on ramène à la maison

On parle souvent de "laisser le travail au travail". Comme si c'était si simple. Comme si on pouvait débrancher nos émotions à 18h et les rebrancher le lendemain à 9h.

La réalité, c'est que je rentrais à la maison fatiguée. Énervée. Vidée. Et par conséquent, désagréable envers mes proches. Pas ou peu disponible psychiquement pour mes enfants. Pour mon mari. Présente physiquement, mais absente dans ma tête.

Cette charge émotionnelle invisible, elle ne restait pas à la porte du bureau. Elle me suivait. Elle s'infiltrait dans ma vie personnelle. Elle grignotait tout.

Les appels le soir : quand la conscience professionnelle dépasse les horaires

Normalement, une fois partie du travail, j'aurais dû éteindre mon téléphone. Couper. Déconnecter.

Mais c'était plus fort que moi. Parfois il m'arrivait de répondre à certains appels le soir, soit parce que :

  • une situation me préoccupait

  • je savais que la personne avait besoin d'une réponse

  • ma conscience professionnelle ne s'arrêtait pas à 18h...

Et puis il y avait les appels avec ma collègue, parce que :

  • on ne s'était pas forcément beaucoup vues dans la journée

  • on avait besoin de débriefer, d'échanger sur les situations

  • de se soutenir...

Ces appels, ce n'était pas du temps de travail officiel. Ce n'était pas comptabilisé. Ce n'était pas reconnu. Mais c'était du travail quand même. Du travail invisible.

Les attentes de tes proches

Et quand tu rentres à la maison, épuisée, vidée, il y a encore des attentes.

Celles de tes enfants qui ont besoin de toi. Qui te sollicitent. Qui veulent que tu sois présente.

Celles de ton mari qui aimerait retrouver sa femme, pas une coquille vide.

Mais toi, tu n'as plus rien à donner. Tu as tout laissé au travail. Ta patience, ton énergie, ta disponibilité.

Alors tu es là physiquement, mais absente dans ta tête. Désagréable parfois, parce que tu n'en peux plus. Pas ou peu disponible psychiquement aux sollicitations de ceux que tu aimes.

Et la culpabilité s'ajoute au poids. Parce que tu sais que tu n'es pas la mère, la conjointe que tu voudrais être. Mais tu n'as plus les ressources.

Encore des attentes. Encore un poids invisible.

À force de tout donner aux autres, tu t'effaces. Tu deviens une ombre. Tu ne vis plus que pour répondre aux attentes. Les tiennes ont disparu depuis longtemps.

Le perfectionnisme et la peur de décevoir

En plus des attentes extérieures, il y avait mes propres attentes. Celles que je m'imposais à moi-même. Le perfectionnisme. La peur de ne pas être à la hauteur. De décevoir. De mal faire.

Je voulais toujours bien faire. Trop bien faire, peut-être. Je ne m'autorisais pas à rendre un travail "moyen". Je ne m'autorisais pas à lâcher une situation difficile, même quand elle me dépassait.

Ces attentes-là, personne ne me les imposait. C'est moi qui les portais. En silence. Jusqu'à l'épuisement.

Le poids invisible qui mène au burn-out

Toutes ces attentes — celles des autres et les miennes — ont fini par peser trop lourd.

Le problème avec le poids invisible, c'est justement qu'il est invisible. On ne le voit pas s'accumuler. On ne sent pas qu'on porte de plus en plus lourd. Jusqu'au jour où on s'effondre.

Mon burn-out n'est pas arrivé du jour au lendemain. Il s'est construit, jour après jour, sous le poids de ces attentes silencieuses que je portais seule.

Et toi, quel poids invisible portes-tu ? Prends un moment pour te poser ces questions :

→ Quelles attentes portes-tu au quotidien que personne ne voit ?

→ Qu'est-ce que tu fais "en plus" qui n'est jamais reconnu ?

→ Quelle charge émotionnelle ramènes-tu à la maison ?

→ Quelles attentes t'imposes-tu à toi-même ?

Si tu te reconnais dans ces lignes, sache que tu n'es pas seul(e). Et que ce poids invisible, tu as le droit de le poser.

Tu sens que tu portes trop ? Que tu t'épuises en silence sous le poids des attentes ?

Le Programme Sérénité est fait pour toi. Il t'accompagne pour apprendre à poser ce poids, à reconnaître tes besoins et à retrouver ton équilibre, sans tout sacrifier.

Tu veux d'abord qu'on en parle ensemble ?

Séverine

Après 20 ans dans le social, médico-social, insertion... et un burn-out en 2024, j'accompagne aujourd'hui celles et ceux qui veulent se reconstruire et retrouver du sens. À travers Sève et Sens, je partage mes outils, mon vécu et ma bienveillance. 🌿

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